Article de Presse: " Les scellés posés... avant une négociation ? "
Le 15 mai 2004 : Ça devient du harcèlement...
Vendredi matin, les scellés sont à nouveau été posés sur le parc à conteneurs de Robert Closset, à Bouvignes (Dinant).
Quatrième opération du genre !
LE DÉPANNEUR et gestionnaire de parc à conteneurs privé Robert Closset commence à en avoir l'habitude.
Hier, le bourgmestre de Dinant Richard Fournaux s'est présenté en ses installations bouvignoises, accompagné de deux policiers.
Comme à trois précédentes réprises, il s'agissait de poser les scellés sur la propriété de la rue de Meez, où l'entrepreneur
travaille sans permis d'exploiter, dans une infraslricture construite sans autorisations urbanistiques,
la zone étant répertoriée comme « forestière » au plan de secteur.
D'un côté, le mayeur répète qu'il a pour mission de faire respecter la loi, de l'autre, l'indépendant se dit victime d'un véritable acharnement, que ne connaîtraient pas d'autres entreprises, qu'on laisse travailler alors qu'elles ne sont pas en ordre.
Le conflit, seion M. Closset, tient également à des relations personnelles tendues avec M. Fournàux,
à la suite d'une altercation entre les deux hommes, en février 1998, pour laquelle le Bouvignois a été poursuivi.
Pour situer le contexte, il faut aussi prendre en compte les diverses plaintes, de part et d'autre,
ainsi que des procédures juridiques toujours en cours, jusqu'à la Cour d'Appel de Liège ou le Conseil d'Etat.
Régulièrement, les autorités, dinantaises posent les scellés à la rue de Meez, et la Justice les fait lever,
pour divers vices de forme : parce que le bourgmestre ne s'est pas présenté lui-même, parce que M. Closset n'a
pas été auditionné préalablement etc.
Ce vendredi, le député-bourgmestre a pris toutes les précautions : il s'est rendu lui-même dans l'entreprise, et il
avait préalablement convoqué son « ennemi » pour une audition à l'hôtel de ville, avortée car l'intéressé est resté chez lui,
suivant les conseils de son avocat.
Accueil syndical
Rebelote ce vendredi à 9 heures : les forces de l'ordre ont placé les scellés sur les conteneurs de Robert Closset,
accompagnées par l'homme au noud papillon. On s'imagine que l'accueil a été plutôt froid, au moment où le personnel
prenait son service.
Le bourgmestre a immédiatement été interpellé par un syndicaliste, Christian Nollevaux, secrétaire provincial de la centrale des rnétallurgistes FGTB de Namur, à laquelle sont affiliés tous les ouvriers de M. Closset.« Encore 20 emplois perdus, monsieur le bourgmestre », a lancé M. Nollevaux alors que la police déroulait les banderoles.
Ambiance tendue, tandis que l'entrepreneur annonçait que les mesures contraignantes finiront par le pousser à la faillite.
Proximité politique
Lueur d'espoir tout de même, Richard Foumaux semble disposé à ouvrir une négociation :
« Je demande simplement que M. Closset reconnaisse qu'il a tort.
Ensuite, nous pourrons nous mettre autour d'une table et trouver une solution, dans la sérénité».
Un geste de bonne volonté qui tient sans doute aux nouvelles affinités politiques du parlementaire, récemment passé au MR :
Robert Closset est vice-président de la locale libérale, ainsi que président de la section MCC dinantaise.
L'avenir nous dira si chaque partie met de l'eau dans son vin, avec une volonté de sortir de l'impasse.
Mais il s'agit, de part et d'autre, de ne pas perdre la face.
Si ces perspectives de négociations n'aboutissent pas, ce sera reparti pour de nouvelles procédures.
Me Robert Joly, l'avocat de Robert Closset, y travaille d'emblée, sans se priver de commenter la pose de scellés
de ce vendredi : « Ça devient du harcèlement vis-à-vis de mon client, qui se trouve face à une autorité administrative
représentée par une personne avec laquelle il connaît de nombreux litiges, y compris personnels, M. Fournaux.
Or, tout citoyen doit avoir en face de lui un pouvoir impartial ».
En attendant de nouveaux développements, le bourgmestre a d'emblée fait un geste : trois conteneurs restent
vierges de scellés, de quoi permettre une activité minimaie à la rue de Meez.
Emmanuel WILPUTTE.
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