Article de Presse: " Discours du premier ministre Yves Leterme "
Projets d'avenir
Nous avons visité cette après-midi bien des endroits prometteurs, des projets d'avenir. Pourtant, je vais débuter par un
petit regard en arrière.
Dinant me rappelle mon enfance : cette ville a été pour moi une destination de voyage scolaire;
c'était également un endroit où nous nous rendions en famille. Le Dinant de mon enfance, c'était
d'abord grignoter une " couque de Dinant ", et puis monter à la citadelle, admirer le rocher Bayard et
son passage étroit, acheter une chope de bière en souvenir. Sur le plan sportif, je me souviens aussi du
championnat du monde de cyclisme de L975, non loin d'ici à Yvoir. Malheureusement, Hennie Kuiper avait alors
devancé Roger De Vlaeminck... Mais ce fut tout de même le meilleur résultat de De Vlaeminck en championnat du monde !
Aussi, je savais déjà que Dinant avait des points communs avec ma ville. Nous nous le sommes rappelés à l'instant,
au Mur Tschoffen, où s'est joué un drame parmi les plus mémorables et dramatiques du conflit de 1914-1918.
Dinant, tout comme Ypres, a beaucoup souffert lors de la Première Guerre mondiale,
ce sont des choses qui rapprochent, encore aujourd' hui.
Mais Dinant, c'est plus qu'un lieu de tourisme et d'histoire : ce sont diverses localités qui, rien que par leur nom,
sentent bon le terroir : Anseremme, Bouvignes-sur-Meuse, Dréhance, Falmagne, Falmignoul, Furfooz, Lisogne, Thynes,
Sorinnes et Foy-Notre-Dame ; tout cela représente un peu plus de 13.000 habitants...
Ce qui fait de Dinant une ville de taille modeste, mais Dinant n'en a pas moins un rayonnement mondial.
Dinant a, en effet, vu naître au moins deux personnages de renommée mondiale : Dominique Pire, prix Nobel de la Paix,
et bien-sûr Adolphe Sax, l'inventeur du saxophone.
Ces deux personnages sont très différents, vous en conviendrez, et pourtant ils ont tous deux
contribué à l'harmonie : à l'harmonie sociale pour le père Pire et ses lles de Paix, à l'harmonie
musicale pour Adolphe Sax et son saxophone.
Leur contribution à l'harmonie ne devrait pas nous étonner, car tout qui visite Dinant aura remarqué l'harmonie:
les rues de cette ville pittoresque serpentent harmonieusement entre eau et rochers.
Ville et paysage sont en parfait accord. Et il en va de même pour la vie socio-économique.
Dinant respire le calme et, dans le même temps, bouillonne d'activité : plus de soixante pour cent des activités
économiques proviennent des PME et du commerce.
C'est peut-être l'une de nos principales caractéristiques, à nous les Belges : nous sommes en quête d'harmonie.
Ne comptez pas sur moi pour vous affirmer que dans notre pays, tout se déroule sans anicroche...
Mais, malgré tout, nous finissons toujours par trouver cette harmonie, même si on préfère l'appeler "compromis".
Nos relations socio-économiques sont particulièrement harmonieuses. Nous préférons le modèle de la concertation
à celui du conflit. C'est pourquoi nous entretenons le plus efficacement possible les contacts avec les partenaires
sociaux et entre eux. Ce que l'on a fini par appeler le modèle " rhénan " n'a pas été inventé dans notre pays mais
il y trouve peut-être sa meilleure traduction en termes de concertation et de sécurité sociale solide.
Je suis un fervent défenseur de ce modèle rhénan. C’est la marque de fabrique de notre société européenne,
c'est un acquis essentiel que nous devons adapter au nouveau contexte économique d'un monde globalisé.
Dans cet environnement mondialisé, la Belgique doit se faire remarquer comme lieu d'investissements étrangers.
C'est l'essence même de la campagne « lnvest in Belgium » : valoriser nos atouts dans ce cadre global.
Je n'en cite qu'une dizaine :
1. la quête de l'harmonie dans nos relations socio-économiques;
2. le dynamisme et la capacité d'entreprendre de notre population;
3. la situation géographique de notre pays au coeur de l’Europe;
4. la logistique performante et nos infrastructures de qualité ;
5. le fait que plusieurs rapports internationaux, dont celui de I'Organisation Internationale
du Travail, ont mentionné que les Belges sont parmi les travailleurs les plus productifs au
monde;
6. la constatation unanime des experts que la Belgique possède la plus grande
concentration de matière grise en Europe ;
7. notre multilinguisme;
8. le caractère ouvert de notre économie ;
9. les procédures rapides pour le lancement d’une entreprise ;
10. nos mesures supplémentaires pour attirer des investisseurs étrangers, comme la
« déductibilité des intérêts notionnels ». Celle-ci signifie que les sociétés sont autorisées
déduire fiscalement un coût fictif de leur fonds propres. Grâce à cette déduction des
intérêts notionnels, la Belgique s'est repositionnée en tant que terre d'investissement
attractive. Ce système de déduction des intérêts notionnels sera maintenu et s'applique
à toutes les sociétés, qu'elles soient nationales ou étrangères, qu'il s'agisse de grandes
entreprises ou de PME, pourquoi pas dinantaises. Les comptables et experts-comptables
le savent très bien et sont capables de valoriser cet avantage.
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Discours du premier ministre Yves Leterme |
L'accueil des investisseurs étrangers est primordial. On peut déjà leur offrir une bonne Leffe à leur arrivée, mais pour le reste... l'on pourrait imaginer d'établir un bureau d'investissement, d'après le modèle irlandais largement plébiscité, l'lDA : The lrish Development Authority, un point de contact unique pour les candidats-investisseurs étrangers. Je suis en effet convaincu que cette approche, qu'on appelle le < one stop shop >, est la bonne.
Notre économie dépend aussi beaucoup de l'innovation. Dans cette ville qui a vu naître un des
concepteurs d'instrument parmi les plus ingénieux au monde, il me semble bon de le rappeler : en 1846, alors qu'il habitait à Paris, Adolphe Sax parvint à faire breveter son invention, le saxophone. Les brevets sont importants. Aujourd'hui plus encore qu'hier.
C'est la raison pour laquelle un nouveau régime favorable a été introduit qui s'applique exclusivement aux revenus
issus des brevets et licences de protection additionnelles. Grâce à cette déduction, les revenus issus de certains brevets
demeureront exonérés d'impôts jusqu'à concurrence de 80 %.
Adolphe Sax fait la fierté de la Belgique et de Dinant en particulier.
Il doit encore nous servir
aujourd'hui d'exemple et de symbole : c'est à force d'innovation que l'on conquiert le monde.
A
l'école et dans la rue, Adolphe Sax était connu à Dinant comme "le petit Sax". Pourtant, il fut un
grand homme.
Sur la carte du monde, notre pays n'est que "la petite Belgique". Mais Sax nous
apprend que celui qui est petit,
peut aussi être un grand. ll nous en donne la preuve encore ce soir.
Un peu plus loin sur la Meuse,
le Festival international de jazz débute à l'instant même à Liège. Tout le week-end, des musiciens du monde
entier joueront notamment sur des sax de
toute taille, du soprano au baryton. Et on remettra ça à la mi-juillet avec les Dinant Jazz Nights à Leffe.
Une belle preuve de vivacité ! Et pour rester dans le jazz, saluons Toots Thielemans qui vient de recevoir la plus haute distinction honorifique de la musique américaine, le NEA Jazz Master Award. Voilà encore un magnifique ambassadeur,
bien vivant celui-là, en droite ligne du génie de Sax !
Enfin, pour revenir à Dinant, , j'en appelle à son Saint-Patron, qui s'appelle, si je ne m'abuse,
Perpetuus (en latin). Perpetuus, cela veut dire "perpétuel", "permanent".
Effort permanent... Pour continuer à rester dans le top 5 des pays européens les plus attractifs aux yeux des investisseurs étrangers, comme le confirme le dernier baromètre Ernst&Young.
Promotion permanente... Les statistiques nous montrent que les visiteurs les plus nombreux du site « Invest in Belgium » sont américains. Et le hasard faisant bien les choses, cette même étude Ersnt&Young indique que ce sont les Américains qui sont les principaux investisseurs en Belgique. En faisant la même comparaison, on voit apparaître plus loin à la fois sur le site et dans les investisseurs des Indiens, des Chinois, etc. Je crois que c'est la preuve que cette campagne a trouvé le ton juste. Comme Sax, qui en déposant le brevet du saxophone trouvait les instruments à vent « trop durs ou trop mous dans leurs sonorités ».
ll voulut créer « Un instrument qui par le caractère de sa voix pût se rapprocher des instruments à cordes, mais qui possédât
plus de force et d'intensité que ses derniers ».
On pourrait en dire autant de Magritte ou de Lucky Luke : des icônes à forte personnalité, choisies pour être un soutien permanent à tous ceux qui chaque jour portent haut les couleurs de ce pays et de ses régions, aux quatre coins du globe.
" Petite Belgique ", " petit Sax " … ? Peut-être, mais fierté et forces de conviction permanentes. A l'image du meilleur que je puisse souhaiter à cette région : un essor perpétuel et beaucoup d' " Invest in Dinant "... en parfaite harmonie.
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